La Bûche,

entre nature et outil de l’homme
mercredi 3 septembre 2025
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À la galerie de Wégimont
Du 27 septembre au 26 octobre 2025
Vernissage le vendredi 26 septembre 2025 à 18h30

Artistes exposants :
Francois GOFFIN (photo)
Jean TROMME (sculpture)
Justine DE RAIKEM (sculpture)
Julie FRAITURE (dessin, peinture)
Martin CHAUMONT (peinture, dessin)
Thierry GROOTAERS (peinture)
Charlotte SCHOMMERS (peinture, dessin)

Thierry Grootaers, sans titre, s.d., acrylique sur toile, 31 x 33 cm
Thierry Grootaers, sans titre, s.d., acrylique sur toile, 31 x 33 cm


Sculptée par le temps, façonnée par la main.
La bûche est bien plus qu’un simple morceau de bois coupé.
Elle est une trace, un fragment d’arbre, un témoin silencieux de la forêt et de ses cycles. Dans sa rugosité, elle porte l’histoire du vivant : les cernes racontent les saisons, les nœuds arquent les tempêtes, les fissures disent le gel, la sécheresse ou l’attente.
Outil, chaleur, matière, la bûche entre dans nos vies comme une passerelle entre la nature brute et la culture humaine. Elle chauffe les foyers, soutient les charpentes, devient le socle de l’œuvre d’art ou le trait de pinceau du sculpteur. Elle est utilitaire autant qu’esthétique.
Les bûcherons, premiers sculpteurs de cette matière, travaillent avec précision et respect. Leurs gestes, millénaires, relient l’homme à la nature dans un équilibre de force et d’humilité. La hache, le bruit sec du bois qui cède, la sciure en pluie lente, autant de sons et d’images qui composent une poésie rustique, une danse entre l’homme et l’arbre.
Dans l’art, la bûche devient totem, support, symbole. Elle évoque l’ancrage, la mémoire des forêts, le passage du sauvage au domestique. Elle peut être brute ou polie, entière ou éclatée, mais toujours elle invite au toucher,à l’écoute du bois.
La bûche, c’est l’essence même d’un lien, entre la main humaine et la matière vivante, entre la nature indomptée et la forme que l’on donne, entre le feu qui consume et la chaleur qui réunit.

Matière vivante, forme en devenir

Dans l’imaginaire collectif, la bûche évoque d’abord la forêt, le foyer, l’hiver. Elle semble simple, rustique, fonctionnelle. Et pourtant, à qui sait regarder, elle offre bien plus : une beauté brute, une histoire à lire dans les nervures, un potentiel sculptural et poétique.
Chaque bûche est un fragment d’arbre, détaché du tout mais porteur de la mémoire du vivant. On y devine les années passées, les saisons traversées, les cicatrices du temps. Elle est matière, mais aussi trace. Une sorte de parchemin végétal, écrit en cernes et en textures.

Pour l’artiste, la bûche devient support, point de départ, objet de dialogue. On la peint, on la creuse, on l’assemble.
On la confronte à d’autres matières, on la laisse parler. Elle peut être masse ou silhouette, socle ou sculpture, totem ou abstraction. Elle incarne une tension : entre nature et culture, entre conservation et transformation.
Et derrière la bûche, il y a toujours la main de l’homme - celle du bûcheron-. Ce geste ancien, précis, presque chorégraphique, qui extrait le bois de la forêt, le découpe,
le prépare. Entre brutalité et finesse, il donne naissance à cette forme élémentaire, brute, mais chargée de sens.
Dans l’espace de l’exposition, la bûche sort de son rôle utilitaire. Elle est offerte au regard, à l’imagination. Elle questionne notre rapport au bois, à la matière, à l’environnement. Elle devient œuvre, ou du moins, fragments du monde en attente de regard.
La bûche n’est plus un simple morceau de bois. Elle est art en devenir. Écho d’un arbre, empreinte du geste humain, promesse d’une transformation.

Thierry Grootaers
Martin Chaumont, les bûches, s.d., 220 x 190 cm
Martin Chaumont, les bûches, s.d., 220 x 190 cm

Vestige d’un arbre, fragment d’un tout, la souche est souvent ignorée, reléguée au sol, comme un simple reste.
Et pourtant, elle est une œuvre en soi. Par sa matière, ses lignes, ses cicatrices, elle porte en elle l’histoire d’une vie et le début d’une autre. Sculptée par le temps, marquée par la main humaine, elle devient un sujet d’observation, de transformation, de contemplation.
La souche est ici mémoire vivante. Elle interroge notre rapport au temps, à la trace, à ce qui persiste et renaît. Elle nous invite à ralentir, à observer, à ressentir.
Cette exposition explore la souche comme motif, comme matière et comme métaphore.
Les artistes ici réunis réinventent le regard : bois, terre, textile, photographie, métal ou installation… Chaque œuvre est une rencontre avec cette forme organique, entre ancrage et effacement.

Martin Chaumont

Portfolio

Charlotte Schommers, Verästelung, s.d., peinture Julie Fraiture, sans titre, s.d., peinture Francois Goffin, branche, s.d., photographie Jean Tromme, bois vertical, s.d., sculpture/bois Justine Deraikem, breaking point on the apex, (…)