Luigino de Zotti

Dyade
mardi 20 janvier 2026
popularité : 84%

Commissaire : Dragana Bojic
À la galerie du cinéma Churchill
Du 2 février au 12 avril 2026

Luigino

Luigino de Zotti, Diptyque IV, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016
Luigino de Zotti, Diptyque IV, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016

Celui qui n’a pas passé une soirée avec Luigino de Zotti ne le saura sans doute pas - mais je vous en informe -, il n’est pas du genre à vous faire de grands discours. Tout le monde n’a pas non plus eu la chance d’avoir des parents communistes, Luigino si, au moins par son père. De l’union de ses parents est sorti un couple paradoxalement royal : une fille, Nadia, un fils, Lui.
Un grand cœur aux artères lisses, et à l’amitié fiable, un esprit subtil, friand de dialogues et prêt à l’écoute. Une bienveillance manifeste, et le goût du travail bien fait.

Luigino de Zotti, Dyade, fusain sérigraphique, 50 x 80 cm, 2017
Luigino de Zotti, Dyade, fusain sérigraphique, 50 x 80 cm, 2017

Les gestes sont précis, décidés et économes, comme ceux de tout bon ouvrier. On ne fait jamais n’importe quoi, n’importe comment. L’oeil distingue, en collaboration avec les autres sens et un cortex attentif, ce que le corps est en train de faire, et ajuste l’idée à la réalité qui se crée. Pas le temps d’hésiter, la nourriture doit rester fraîche. Les aplats, les traits éventuels s’agencent, comme naturellement, pour former des harmonies bien construites où la solidité ne verse pas dans la lourdeur, où le chant des tons ne verse pas dans la pompe, mais garde vie, fraîcheur et profondeur. C’est juste juste. C’est la dose recommandée.
C’est du bon. On peut regarder, on ne va pas tomber malade, on ne va pas s’ennuyer, ni faire une attaque nerveuse. C’est là pour faire du bien, et ça marche, toujours, parce que le travail est bien fait - Luigino et Luigi me pardonneront l’expression - Come dio comanda.
J’ai testé pour vous : on ne s’en lasse pas. Vous pouvez regarder, savourer, encore, encore. Profitez et pensez à votre chance ; comme l’homme qui le produit, l’œuvre est unique, rare.
Et il ne vend pas cher. C’est comme si vous aviez eu la chance d’avoir un papa communiste.

Julien Barzin, un matin de novembre, le 14
Luigino de Zotti, Diptyque II, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016
Luigino de Zotti, Diptyque II, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016

Les images de Luigino soulignent un fait artistique digne de mention : économie de moyen n’est pas synonyme d’ascèse ou de sévérité. C’est en ce qu’elles sont profondément vivantes, généreuses, épicuriennes, que ces compositions nous touchent. Le jeu qui consiste à construire
pour se construire, nous rappelle, avec bienveillance, à nous-mêmes.
L’art traite-t-il d’autre chose ?

Julien Barzin, il y a quelques années
Luigino de Zotti, Diptyque I, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016
Luigino de Zotti, Diptyque I, sérigraphie, 24 x 40 cm, 2016

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