Hanse - Plevoets -Sommelette

lundi 6 mai 2013
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Thierry Hanse
Sébastien Plevoets
Charles-Henri Sommelette

Ces artistes sont tous trois issus de l’atelier de peinture de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège. Jeunes encore – ils ont obtenu leur diplôme de fin d’études entre 2008 et 2010 – ils ne sont déjà plus des débutants. Ils exposent régulièrement en Belgique et à l’étranger. Ils ont obtenu différents prix et distinctions. On notera en particulier qu’ils sont tous trois lauréats de l’important prix de la Fondation Horlait-Dapsens.

Le Centre culturel les avait rassemblés pour une exposition remarquée à la galerie de Wégimont en mai et juin 2011. Les trois artistes ont continué à évoluer, chacun traçant sa voie loin de la mode, mais au plus près d’une peinture exigeante et sensible. On trouvera ci-après une brève présentation de leur travail, mise à jour depuis l’exposition de 2011.

Thierry Hanse


Thierry Hanse, Resistance 135, acrylique sur toile, 24x30cm, 2012

Né en 1985. Diplômé en peinture de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège en 2010, et, la même année, lauréat du prix de la Fondation Horlait-Dapsens. Vit et travaille à Liège.

Démarche artistique :

Capturer le réel, se l’approprier pour (re)créer, (re)construire une image qui, par sa puissance, son sujet ou simplement par ce qu’elle laisse entrevoir, lui confère la possibilité d’ouvrir une porte aux ressentis et aux projections personnels.

Par l’emploi, le plus souvent, de la peinture, d’autres techniques peuvent se mettre au service de cette recherche. Au travers de croquis préparatoires, de projets et/ou de photos prises sur le vif, au hasard des rencontres, une thématique peut tout à coup naître et s’émanciper telle que la série des « errances nocturnes ».

Ce travail pourrait être considéré comme une ode à la nuit, à ses ambiances, son silence et aux forces des impressions que peut véhiculer ce moment particulier. Comme des arrêts sur le temps, ces « errances » seraient les traces d’un passage où la réalité est mise en scène, capturée, recréée, sublimée pour tenter de donner à voir et à ressentir au-delà du cadre.


Thierry Hanse, mars 2013

Sébastien Plevoets

Sébastien Plevoets, sans titre, huile sur toile, 50x60cm, 2012

Né en 1980. Diplômé en peinture de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège en 2008, et, la même année, lauréat du prix de la Fondation Horlait-Dapsens. Vit et travaille à Liège.

Certains sujets ou moments m’ont interpellé, sans raison apparente, pour leur existence, pour un je-ne-sais-quoi. J’ai voulu en extirper quelque chose à travers la peinture, transmettre ces bribes de réels sur le plan. Cela demande de broyer ces données visuelles et de les reformuler par la sensation. La peinture représente cette étape de l’intériorisation. Il n’y a plus rien d’autre. Parfois, il y a l’envie d’affirmer, de communiquer, une idée peut-être, en filigrane, c’est déjà laborieux. Le mieux, c’est quand ça expérimente. J’y trouve une révélation ou une question, indicible, absurde, qui résonne malgré tout.

Sébastien Plevoets, mars 2013

Charles-Henri Sommelette


Charles-Henri Sommelette, Camping Sy, aquarelle sur papier, 20x26cm, 2012

Né en 1984. Diplômé en peinture de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège en 2009, et, la même année, lauréat du prix de la Fondation Horlait-Dapsens. Vit à Barvaux et travaille à Liège.

J’attends dans ce travail, que les objets usuels et les paysages artificiels que je représente et qui se situent tous deux dans une sorte de zone frontière entre ce qui s’est passé et ce qui peut se produire, mettent en évidence le caractère impermanent de nos créations et de nos interventions.

J’interroge également dans ces mises en scènes, les relations que nous avons entretenues ou que nous entretenons encore envers nos créations, nous ont-elles échappé ou sommes nous seulement devenus étrangers au monde que nous avons fabriqué ?

Charles-Henry Sommelette, mars 2013

Début 2013, Charles-Henri Sommelette exposait des peintures et des fusains à l’espace d’art contemporain Les Brasseurs, à Liège. L’exposition a fait l’objet d’un texte de présentation d’Alain Delaunois, dont nous donnons ci-dessous un extrait (en remerciant au passage l’auteur de son amabilité) :

Réussir à faire percevoir ce qu’on ne s’attend pas à voir, a fortiori dans un genre aussi académique, aussi connu et rebattu que celui du paysage, tient moins de la gageure que d’une forme d’évocation hardie. D’autant plus hardie qu’elle n’hésite pas à regarder directement dans le rétroviseur, chez des maîtres anciens des scènes d’intérieur, comme Pieter De Hooch (1629-1684 ?) ou du paysage classique, tels Le Lorrain (1600-1682) ou, référence plus explicite encore, John Constable (1776-1837) et son « Etude d’un tronc d’orme » visible au Victoria & Albert Museum de Londres. Sous le titre de « Promenade », Charles Henry Sommelette en réalise plusieurs versions, qui sont autant de variations quasi musicales du thème, fusain, huile sur toile ou encre de chine, une partition sérielle qui ne contredit pas son désir souvent affirmé de se voir tel un interprète de choses vues, plutôt qu’un créateur de scènes imaginées.

La majorité des peintures et dessins que réalise Sommelette font en effet partie de son environnement immédiat, et c’est précisément cette proximité du « vu et revu » qu’il épuise sans relâche, en tentant de s’approprier tel paysage, à la faveur de telle lumière. Références et citations de la peinture classique, sans doute, mais on pourrait aussi tendre quelques perches vers des univers plus récents : la lumière du jour dans certaines toiles de Hopper, par exemple, certains plans en extérieur, sans personnages, des longs métrages de David Lynch, ou encore la contemplation dans la durée, mise à l’épreuve dans plusieurs films de Michael Snow. On peut donc naturellement imaginer que les éléments constitutifs d’une peinture chez Sommelette se retrouvent, ensemble ou séparément, dans bon nombre d’autres, formant ainsi une relecture permanente du paysage qui finit, à force, par lui conférer l’inquiétante étrangeté du rôdeur invisible.

Les très grands formats, pour les fusains, assurent une distance, un recul, qui s’apparente à ce que procure une baie vitrée largement ouverte : un équilibre à la ligne de composition, ainsi qu’un point de vue globalisant. Les petits formats, pour les peintures, permettent une proximité visuelle, un focus de l’œil sur le sujet, qui oblige paradoxalement le regard à s’ouvrir vers les extérieurs. Mais c’est nécessairement dans une perspective d’ensemble qu’il faut observer ces différents types d’œuvres – dont on n’éloignera pas les aquarelles – et qui nous invitent non seulement à voir des représentations de paysages, mais également à ressentir des atmosphères de paysages.

Alain Delaunois

(extrait, Les Brasseurs, Liège, 2012.)

Thierry Hanse, Sébastien Plevoets et Charles-Henri Sommelette exposent leurs travaux à la Galerie du Churchill du 6 mai au 26 juin 2013

Galerie ouverte tous les jours de 14 à 24 heures, les week-ends et fériés de 12 à 24 heures


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