Roel Goussey

L’homme et l’œuvre
jeudi 18 janvier 2024
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La mer

La mer et le miroir

Roel Goussey, La mer II, 2018, peinture, 16x37 cm


De tous les cadres, enveloppes et limites »,écrit Daniel Buren, « qui enferment et « font », l’œuvre d’a rt (l’encadrement, la marquise, le socle, le château, l’église, la galerie, le musée, le pouvoir, l’histoire de l’art, l’économie de marché, etc.), il en est un dont on ne parle jamais, que l’on questionne encore moins et qui pourtant, parmi tous ceux qui encerclent et conditionnent l’art, est le tout premier, je veux dire : l’atelier de l’artiste. » L’œuvre se fait - homo faber - dans l’atelier ; elle est exposée dans le musée ou la galerie.

Au visiteur averti ou profane, l’atelier de Roel Goussey apparaît comme une vaste installation. Aucune frontière, ici, entre espace de travail et espace domestique, entre l’art et la vie, entre l’achevé et l’inachevé. Aucun lien de subordination, les propositions se succèdent dans une parataxe, qui signifie« placement côte à côte ». Et aussi « action de ranger une armée en bataille ». C’est la disposition, et non un quelconque lien de subordination, qui, en permettant aux œuvres de communiquer et dialoguer entre elles, dévoile une explication ou un dévoilement. Et ce dévoilement, cette explication ne vaut qu’à ce moment-là, dans cette disposition-là. Du solide naquit l’éphémère. À moins que l’éphémère ne soit précisément la vie, c’est-à-dire l’art en train de se fa ire car tel est l’être de l’art que d’être en se faisant et non au repos. Dans ce sens, l’exposition elle aussi participe de l’œuvre, l’exposition est en quelque sorte une variation unique de l’œuvre car jamais plus cet endroit, ce moment, ces regards ne seront répétés. Faut-il s’étonner, alors, que Roel Goussey fasse du lieu de chaque exposition une extension de l’atelier, créant et ajoutant de nouvel les pièces expressément pour l’occasion ?
Homo faber. Dans L’évolution créatrice (1907), Henri Bergson écrit : « En définitive, l’intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer les objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d’en va rier indéfiniment la fabrication ». Un outil sert. Un outil est utile. À quoi sert l’art ?, se demandent les philosophes avant de s’empoigner sur la notion de beau ou le concept de vérité. Il fut un temps, il n’y a pas si longtemps, où l’art était magique et tout- puissant ; l’art était un marteau qui allait modeler, former, transformer le monde. Aujourd’hui, l’art est un clou auquel nous suspendons nos tristes vies.
La juxtaposition, la parataxe de l’atelier de Roel : pas de hiérarchie, donc. Parfaites ou imparfaites, les œuvres se côtoient, s’entendent, se fendent d’une bonne tranche de rire. Des airs de musique les rejoignent- jazz, classique, contemporain ... - on vous a déjà dit qu’ici, on aligne, on ne superpose pas. Des poèmes, aussi, cloués au mur (vivent les clous !) comme le christ à sa croix. Et tous ces habitants qui peuplent son atelier se regardent et se baignent l’un dans l’autre. [The Sea And The Mirror.
William H. Auden]. Leurs regards et les nôtres n’ont qu’une destination, l’horizon ; dans la contemplation de sa ligne originelle, les paupières se referment. Entre le repos et la mort, la frontière est ténue, mais voilà qu’une autre ligne apparaît, et qu’apparaissent les angles, les croix et les formes géométriques. Malevitch a voulu y trouver la suprématie du néant ; un univers sans objets, dont la seule matière serait la sensibilité pure, détachée de tout. Mais le clou est là qui s’obstine à accrocher ce qu’il peut : fringues, tableaux, références, symboles

Roel Goussey, Marine, 2022, peinture, 19x40 cm


Eh !, toi qui passes sans me voir, sans même me dire « bonsoir » ! Chez Roel, tout est dialogue ; son monde n’est pas celui des espaces infinis du cosmos, solitaires et indifférents, mais bien celui de la rencontre, parfois fortuite, les vraies rencontres souvent le sont, entre une ligne et une couleur, une forme et un support.
En fait, seules les rencontres et les croisements de lignes créent des volumes et fabriquent des lettres et dans les volumes et dans les lettres on trouve les histoires que l’on échange et transforme et c’est déjà quelque chose. ce n’est pas le monde mais on fait ce qu’on peut et quand on le fait, l’art se mélange à la vie, la pâte lève et le gâteau est si bon. Mais nous nous égarons.

Roel Goussey, Sans titre, 2021, sculpture et gravure, 81 x 56,5 cm


Roel Goussey aime et utilise la typographie, les caractères simples, géométriques, sans empattements, les plus lisibles - n’oublions pas quel est le but ! - pour le travail de graphisme, mais il aime aussi jouer avec les lettres, utiliser des vieux caractères trouvés en bois pour les utiliser comme outil à imprimer. Homo faber. La superposition -parataxe- de plusieurs lettres crée une découverte, une nouvelle forme énigmatique, un probable texte, illisible pour le moment, mais dont le déchiffrement nous amènera, qui sait, à un petit bonheur. Tel le est la grande ambition de l’art de Roel Goussey.

Nadine Janssens et Genaro Marcos

L’homme

L’homme et l’œuvre

Roel Goussey, depuis quatre ans liégeois « d’adoption », est né e n 1947 à Ostende. Le petit Roel passe son enfance à Nieuport, entre la mer du Nord et les Polders. Dans l’atelier de couture de sa mère, il s’amuse à coudre ensemble des morceaux de tissu, fabriquant ainsi des « patchworks »qui ne manquent pas d’évoquer les futurs collages de l’artiste, dont le support est souvent du textile. Ce qui attire également le tout jeune Roel, ce sont les patrons de couture de sa mère. Il découvre qu’il peut les utiliser comme une sorte de « gabarit » pour faire des dessins. Comment ne pas y voir le prélude des pochoirs et autres formes d’impression du futur graveur ?
Dès ses plus tendres années, Roel passe ses vacances à Watou ( FI.-Occ.), à la ferme de ses grands-parents. Dans ce « Plat Pays » où la vie suit le rythme de la nature, il se sent tout à fait dans son élément. L’horizon y est omniprésent. C’est la ligne horizontale, celle de l’espace, dont il s’imprégnera à jamais. Plus tard s’y ajoutera pour lui la ligne verticale, qui est la ligne du temps.
À 15 ans, Roel va étudier le dessin d’architecture à l’École technique d’Ostende, une formation où il apprend ce que signifie « construire » et où il découvre l’importance de la géométrie. Trois ans plus tard, comme il veut
faire un régendat en Arts plastiques, il s’inscrit à l’École normale de l’État de Gand. Il y sera l’élève d’Octave Landuyt pour les cours d’esthétique et de Roger Cools dans l’atelier de peinture. C’est également là qu’il fait connaissance avec la sérigraphie, une technique pour laquelle il développera un intérêt croissant, voire une fascination qui ne le quittera plus. Le graveur est né !
Au cours de ses nombreuses résidences artistiques passées depuis 1974 au Centre de la Gravure Frans Masereel à Kasterlee, Roel Goussey se perfectionne dans les diverses techniques de l’art de la gravure. Jusqu’à ce jour, malgré ses longues années d’expérience et sa notoriété dans la matière, il continue d’y retourner régulièrement pour s’immerger dans la gravure pendant plusieurs semaines. C’est un lieu où il se sent bien. Un lieu riche en
échanges.

Roel Goussey, King and Queen, 2018, sculpture, 20 x 30 x 10 cm

Pendant les années ‘70 et ‘80, Roel Goussey travaille comme scénographe et accessoiriste pour diverses compagnies de théâtre flamandes : Theater Arena, De Internationale Nieuwe Scene, Brussels Kamertheater, ... Quelle expérience fascinante que de travailler dans et avec l’espace, de« jouer » avec la couleur et la lumière ! Il constate : « Le théâtre, ça bouge ! »
Dans les années ‘80, jamais las de s’instruire, Roel Goussey suit une formation de relieur d’art auprès de spécialistes de renom comme Liliane Gérard et August Kulche. Simultanément s’éveillent son amour pour l’imprimerie et sa passion pour la typographie et l’édition bibliophile.
Au début des années ’80, Roel Goussey crée, en tant qu’indépendant, un studio professionnel de sérigraphie artistique à Wachtebeke (FI.-Or.), où il habite depuis plusieurs années. Dans ce contexte, il deviendra un des collaborateurs permanents de la maison d’édition Lebeer-Hossmann de Bruxelles. Cela lui donnera l’occasion de réaliser des éditions bibliophiles pour des artistes renommés comme Alan Charlton, James Lee Byars, Nam June Paik, Giulio Paolini et Marthe Wéry. Jan Hoet, ancien directeur du SMAK de Gand, fera également appel à lui.

Roel Goussey, Kasba, 2017, sculpture, 26,5 x 36 x 16 cm


En 1988, l’artiste gantois Werner Cuvelier lui demande de faire un catalogue sérigraphié pour une exposition d’artistes flamands et wallons dans le lieu mythique « Den Bouw » à Kalken. C’est à cette occasion qu’il rencontrera entre autres Marthe Wéry et les artistes liégeois Michel Leonardi, Jean-Pierre Ransonnet et Anne-Marie Klenes.
Il en résulte des contacts chaleureux et durables et ce sera Michel Leonardi qui, en 2002, lui trouvera un atelier, à côté du sien, dans une belle architecture industrielle à Liège.
En 2002, Roel Goussey, déménagé depuis peu à Bruxelles, devient professeur de gravure à la KASK (Académie royale des Beaux Arts) de Gand où il travaillera pendant 10 ans. Un nombre croissant d’étudiants fréquentent son atelier qui ne tarde pas à devenir une »« cellule de réflexion" appréciée.
Roel Goussey a toujours considéré la gravure comme le point de départ de son itinéraire artistique et c’est un domaine qu’il n’a jamais abandonné. Or, dans sa pratique, il a depuis longtemps renoncé à l’orthodoxie des« bons élèves ». À tout moment de son processus de création, et quel que soit son support, il se sent libre d’intervenir comme bon lui semble. Ainsi que le disait Yves Klein : « Le chemin parcouru pour la création d’une œuvre d’art a autant d’importance que le résultat ».

Roel Goussey, Marine III, 2020, peinture, 25 x 40 cm


Les supports de Roel Goussey sont multiples : papier, tissu, bois, linoléum, zinc, ... Il construit ses œuvres à l’aide de formes d’impression géométriques. Dans sa pratique, une matrice d’impression utilisée pour une gravure peut à un moment donné trouver sa place dans cette même gravure pour en faire partie intégrante ou éventuellement servir de base à une œuvre nouvelle. « Tout est construction ! »
Roel possède une connaissance et un sens de la couleur remarquables. Au cours des années, il a développé une palette toute personnelle, bien à lui. En guise de boutade, il cite Picasso qui disait : »« Si je n’ai pas de bleu, je prends du rouge ». Impossible de mener à bien ce genre d ’‘exploit si on ne maîtrise pas cette science mystérieuse qu’est l’alchimie de la couleur.
Dans l’œuvre du graveur Roel Goussey, il y a une présence frappante de la poésie, qui est pour l’artiste une source constante d’inspiration. D’ailleurs Roel compte parmi ses amis plusieurs poètes avec qui il a réalisé des projets communs. Ainsi ont vu le jour des éditions bibliophiles avec des poèmes de l’écrivain flamand Stefan Hertmans, avec des aphorismes de feu le philosophe liégeois Bertrand Dejardin et avec des poèmes du plasticien et poète brésilien Antonio Claudio Carvalho. L’artiste conçoit ces ouvrages comme une combinaison de typographie, de littérature et d’images.
Roel Goussey est non seulement imprégné de la vision de l’horizon, il est également« habité » par la mer. Celle-ci lui est indispensable – presque de façon thérapeutique pour se ressourcer et s’en inspirer. Il aime la retrouver pendant ses vacances au cours de longues promenades sur les plages désertes du Cap Gris-Nez. Aussi occupe- t-elle une place importante dans l’œuvre picturale et graphique de l’artiste. Elle y apparaît dans toute sa diversité, avec son horizon qui se réduit à une simple ligne, une frontière distincte, souvent irrégulière, entre deux plages de couleurs.
Parfois nous voyons dans l’œuvre de Roel des diptyques et des séries. Des lignes de couleurs harmonieuses y bougent dans l’espace à un rythme orchestré par l’artiste. La forme est réduite au minimum, touchant la perfection. Cela respire une force artistique, ancrée dans un équilibre intérieur. Le mot Zen nous vient à l’esprit. Tout est mouvement. Parlant de son travail tridimensionnel, l’artiste préfère le terme « assemblages » à celui de sculptures. Il s’agit d’œuvres construites dans lesquelles nous découvrons l’artiste-urbaniste et qui sont souvent composées des matériaux disponibles – les « moyens du bord » , comme il les appelle.
Dans son atelier on retrouve partout ces constructions spatiales, des compositions fantaisistes qui ressemblent parfois à des immeubles réduits, à des monuments, des tours ou autres ouvrages que nous rencontrons dans nos villes et agglomérations contemporaines. Des fois, on croit voir surgir l’architecture d’Oscar Niemeyer ou celle d’un artiste/architecte du Bauhaus. Je découvre un assemblage en zinc et bois, qui est une interprétation cubiste de « King and Queen », œuvre bien connue du sculpteur anglais Henri Moore et représentant un couple assis sur un banc. Magnifique !
Dans certains assemblages de Roel Goussey, nous trouvons également des liens avec I’Arte Povera des années ’60. Il s’agit d’œuvres composées de matériaux récupérés qu’il a manipulés pour les réutiliser. J’y vois un défi vis-à-vis du monde de la consommation. Une nouvelle forme naît, libérée de toute forme industrielle préfabriquée.
Dans sa dernière exposition à la galerie Flux à Liège, Roel Goussey montre une œuvre composée de deux volumes en chêne raboté qui, à mon sens, respirent l’atmosphère des monolithes d’Ulrich Rückriem. J’espère bien trouver un jour une des constructions de Roel en tout grand dans l’espace public.
Achevée ou inachevée, une œuvre n’est jamais « en sécurité » dans l’atelier de Roel Goussey. C’est-à-dire que, tant qu’elle s’y trouve, elle risque d’être modifiée. Dans cet atelier, tout bouge. Et, affirme l’artiste, « tout se tient » ! Il travaille simultanément à différentes pièces et régulièrement l’envie le prend de faire d’une œuvre spatiale une- ou plusieurs – version(s) en deux dimensions et inversement.
D’ailleurs, je n’exagère pas si je dis que cet atelier est un incubateur permanent de projets pilotes. Fort de sa maîtrise et de sa longue expérience, l’artiste n’a pas peur de se lancer dans des expérimentations incontrôlables où il se soumet au hasard et aux effets des éléments. Dans une série sur le thème de l’eau, par exemple, il laisse la pluie intervenir comme protagoniste dans les œuvres réalisées. Une fois de plus, tout bouge.
L’amour de la musique classique et du jazz occupe une place importante dans la vie de Roel Goussey. Ainsi en 2022, lors de son expo »« Triadic Memories » au Centre Culturel de Marchin, il a collaboré avec la pianiste Tina Reynaert autour de la musique du compositeur américain Morton Feldman (élève de John Cage). Il y a présenté entre autres une série de dessins qu’il appelle »« Partitions Visuelles », sur lesquelles la pianiste a fait des improvisations.
L’architecture du Centre Culturel de Wégimont est moderniste avec des lignes horizontales très prononcées. Le bâtiment est, selon les plans, composé de deux parties symétriques se trouvant de part et d’autre de l’entrée. Lors de son expo, du 19 janvier jusqu’au 18 février prochain et qui porte comme titre « La mer et le miroir », Roel Goussey y montrera une série d’œuvres basées sur cette particularité architecturale. D’ailleurs pour l’artiste, il est évident que, faire une exposition, c’est réunir dans une architecture donnée une série d’œuvres qui entrent en confrontation entre elles et avec l’espace, de façon à former une seule œuvre nouvelle au sein de laquelle des créations nouvelles et d’autres existantes peuvent entrer en dialogue

Catharina Helsmoortel

Les couleurs

Les couleurs de la mer ... quand l’horizon chavire

La mer est partout présente dans l’œuvre de Roel Goussey, dans ses peintures, dans ses dessins et son œuvre graphique (lithographies, xylographies, sérigraphies).
Né à Ostende, Roel Goussey a toujours vécu avec la mer, l’aimant et l’observant matin, midi et soir, au soleil ou par temps gris, sous les nuages et sous la pluie, en été comme en hiver. Quand le temps le permet, il aime s’y baigner et se laisser porter par les flots qui, dit- il, lui procure une sensation extraordinaire. t...:eau est une matière d’une douceur incomparable qui vous enveloppe voluptueusement, résiste un peu, se retire, revient... Le corps n’a plus de poids, il ne vous encombre plus. C’est une immense sensation de liberté et de légèreté. On plonge, on resurgit, on se retourne, l’horizon vacille, tout bascule, le ciel est en bas, la mer en haut ou inversement…

Roel Goussey, Sans titre, 2020, peinture, 37 x 64cm


Les œuvres de Roel Goussey sur le thème de la mer, où se superposent des plages de couleurs uniformes traversées par la seule ligne de l’horizon, expriment cette liberté, cet infini et cette réversibilité. Et, les infinies variations chromatiques des bleus céruléen, nuit, outremer ou de Prusse, associés à des verts céladon, turquoise, jade, amande ou kaki restituent les mille sensations des éléments qui agitent les ciels et les flots éternellement changeants de la mer du Nord.
À première vue les œuvres de Roel Goussey sont austères, rigoureuses, minimalistes. Les lignes horizontales qui définissent et construisent les plans de couleurs organisent l’espace en strates stables et équilibrées. Mais à y regarder de plus près, les passages entre les nuances colorées, qui mènent d’un bleu clair et léger à un vert opale pour finir sur un bleu outremer ou un vert kaki sombre et profond, se mettent à vibrer. Les plages colorées se brouillent, s’écartent et se remettent en place. Les lignes ondulent, frémissent... puis s’apaisent, l’infinie variété des bleus scintille, s’illuminent, pour retrouver ensuite leur densité. Une douce paix alors s’installe et envahit l’âme. Le regard captivé circule dans l’abîme de l’océan, s’y enfonce, s’y perd et balaie d’un seul coup le grouillement infernal de la vie et des choses qui habitent et agitent notre monde.

Anne Gersten

Portfolio

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