Gand 17 mai 2014

Excursion follement instructive...
dimanche 6 avril 2014
popularité : 78%

Wégimont Culture vous propose un voyage à GAND
Le samedi 17 mai 2014

A la découverte de deux expositions :
Géricault au MSK dans le parc de la Citadelle
Le musée du Dr Guislain

Nous serons accompagnés par Madame Kristina Stalpaer historienne d’art.

Le MSK abrite depuis septembre 2012 les travaux de restauration du chef d’oeuvre des frères Van Eyck « L’Adoration de l’Agneau mystique ». Nous débuterons la visite en ayant accès aux panneaux confiés aux bons soins des restaurateurs de l’IRPA. Les autres panneaux du retable sont toujours accessibles à la cathédrale Saint-Bavon.

 Théodore Géricault. Le monomane du vol, 1819-1820, huile sur toile, 61 X 50 cm. Gand, musée des Beaux-Arts.

Géricault , nous le connaissons avant tout pour « Le Radeau de la Méduse » manifeste de l’école romantique inspiré d’un fait divers de l’époque mais Géricault c’est aussi le peintre d’un panthéon négatif formé d’ idiots, de délirants et de suppliciés. Ceux là même que les historiens d’art ont si souvent décidé de bouder.

Représenter des fous c’est un projet romantique.

La démarche des Lumières était faite de rationalité, elle en avait fait un dogme. L’encyclopédisme excluait ce qui ne pouvait entrer dans la connaissance.
La folie et par extension la déraison furent dès lors les points axiaux du projet romantique à la différence de l’esthétique néo-classique qui prônait le beau idéal et rejetait le côté irreprésentable de la souffrance ou de la folie.

Peindre des fous, c’est affirmer un point de vue et c’est ce que fit Géricault avec ses portraits de monomanes peints entre 1820 et 1824 pour son ami le Docteur Georget, médecin chef de la Salpêtrière. Ce dernier souhaitait des illustrations pour un ouvrage sur la psychiâtrie, Géricault ne présenta pas des individus spectaculaires de délire mais des hommes et des femmes minés par l’intensité de ce qu’ils ressentent.

Pour Jules Michelet, les prises de position de Géricault étaient la marque d’un « génie austère mais tendre, sensible à la société qui n’en supporta pas l’indifférence ». Géricault fut en définitive un homme impulsif, parfois déprimé, plein de compassion pour autrui.Il s’est détruit très jeune en voulant partager les peines et les passions de ses contemporains.

L’exposition nous propose de découvrir par le biais de dessins, tableaux, estampes un artiste passionné par la réalité et soucieux de décrypter l’homme dans tous ses états. D’autres oeuvres de Füssli , Goya, Delacroix, Menzel permettent de mieux comprendre le contexte dans lequel Géricault a oeuvré.

La collection permanente du MSK

Pointons la présence du Portement de croix de J. Bosch, vers 1515 et le portrait de Marguerite de Mons de Théo Van Rijsselberg, (1886). Le MSK nous permettra ensuite d’ apprécier le travail des artistes de Laethem-Saint-Martin.

Ces peintres, qui ont séjourné au bord de la Lys, se divisent en deux groupes :

Le premier groupe nous offre à partir de 1895 des paysages non industrialisés. Les artistes semblent fascinés par le retour à la nature. C’est une source de contemplation qui est perçue comme un monde authentique. Leurs oeuvres, teintées de mysticisme, les rattachent au mouvement symboliste. Les principaux représentants de ce premier groupe sont Georges Minne, Valérius de Saedeleer et Gustave van de Woestijn.

Le deuxième groupe présent dans le village au début du XXe siècle se compose notamment d’Albert Servaes, de Frits Van den Berghe et de Constant Permeke.
Ils ne revendiquent pas de liens avec le premier groupe, si ce n’est celui de partager l’attrait pour le même village. Ces élèves de l’Académie de Gand évolueront vers un expressionnisme profondément ancré dans la culture flamande.

Le musée du Docteur Guislain

Achevé en 1857, le musée présente une architecture très éclectique proposant un mélange d’éléments néo-romans (fenêtres en plein cintre et frises de briques), de style néo-gothique (pinacles) et de néo-renaissance (galerie en plein cintre autour des cours).

Musée du docteur Guislain

Il est considéré comme le plus ancien asile d’aliénés de Belgique. Son fondateur Joseph Guislain, précurseur de la psychiatrie moderne, fut probablement l’un des premiers à considérer que la maladie mentale pouvait être traitée de manière plus scientifique et plus humaine qu’auparavant. Le fou devient avec lui un malade mental et l’hôpital, un lieu de thérapie qui doit offrir sérénité et activité.

Le musée espère montrer que le concept de « folie » ou de « trouble psychiatrique », n’a jamais une signification exclusivement médicale. Il implique toujours un élément de construction socioculturelle et idéologique. Le fou fut souvent celui qui dérangeait mais qui dérangeait-il vraiment cet ennemi à enfermer ?
Un ensemble de photographies illustre la vie en psychiatrie entre 1860 et nos jours. Une collection d’art d’outsiders ou d’art brut nous rappelle enfin la force créative qui vit en chacun d’entre nous.
Christine CHOT


Durant le trajet en car, Madame Kristina Stalpaer historienne d’art aura l’occasion de nous présenter les deux expositions. Vous aurez également à votre disposition un petit dossier reprenant des informations permettant d’occuper agréablement le temps libre entre 12h30 et 15h.

EN PRATIQUE...

Départ prévu à 8h à Wégimont (parking haut – entrée du château de Wégimont)
Retour vers 19h30 au même endroit. Le domaine provincial décline toute responsabilité en cas de sinistre survenu aux voitures garées dans le parking.

Un temps de midi prolongé libre dans la ville de Gand permettra à chacun de se sustenter et ou de profiter des vues pittoresques du Graslei (Quai aux herbes), du Koornlei, (Quai aux grains). La cathédrale Saint-Bavon et le polyptique de l’Agneau mystique des frères Van Eyck demeurent des valeurs sûres du patrimoine gantois que l’on peut également voir ou revoir...

Le prix demandé est de 39 € pour les membres et de 43 € pour les non-membres. Il comprend le voyage en car ainsi que la visite des deux musées.
C’est néanmoins la date du payement sur le compte de l’ASBL qui déterminera l’ordre des inscriptions.


Toutes le photos du Portfolio sont de Jean-Claude Graas.